Apr 132015
 

Higher Education in Canada: Egalitarian, or Segregative?

Les Canadiens n’ont pas tous la même chance d’aller à l’université plutôt que d’obtenir un diplôme professionnel. Selon une étude venant de paraître dans la Revue canadienne de sociologie, une éducation universitaire demeure un privilège réservé aux familles de classe moyenne et nantie.

from Flickr, see: http://tinyurl.com/nmmf2bn

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Le marché du travail recherche de plus en plus des candidats qui ont une formation universitaire, ce qui a engendré une augmentation des aspirations scolaires des Canadiens. En réponse à cette demande, des collèges et universités à travers le pays ont augmenté leur capacité d’étudiants. Cette accessibilité croissante à l’éducation supérieure pour tous – ce que l’on pourrait appeler la « massification » de l’éducation postsecondaire – laisse entendre que l’éducation est devenue plus démocratique. En surface, il semblerait que l’accès des Canadiens à l’enseignement supérieur est devenu plus égalitaire. En 2008, par exemple, approximativement 77% des jeunes Canadiens poursuivaient une éducation postsecondaire, comparativement à seulement 6% en 1951 et 20% en 1975. Ce changement est dû à l’égalité dans l’éducation primaire et secondaire et, bien sûr, à la plus grande accessibilité des institutions d’enseignement supérieur.

Comme l’explique cependant Pierre Kamanzi, l’auteur principal de cette étude, bien que l’enseignement supérieure en général soit devenu plus accessible dans ce pays, l’accès à l’université dépend encore de votre classe sociale. Dit Kamanzi : « Il faut être privilégié pour avoir accès à une éducation universitaire, alors que vous n’avez pas besoin d’être privilégié pour avoir accès à un collège. »

Non seulement les enfants provenant de familles très éduquées ont une meilleure chance d’être acceptés à l’université que les enfants provenant de familles moins éduquées, ils sont aussi plus susceptibles d’opter pour l’université. Toutefois, il y a une exception à cette tendance : les étudiants les plus performants choisissent d’aller à l’université plutôt que d’entrer dans un collège, peu importe le niveau d’éducation de leurs parents.

Cette exception mise à part, les enfants provenant de familles moins éduquées tendent à choisir d’entrer dans un collège, où le succès est plus assuré, alors qu’ils perçoivent l’université comme une sorte d’aventure où le risque d’échec est très important.

Il fut un temps où il existait une inégalité entre ceux qui pouvaient avoir accès à l’éducation supérieure et ceux qui ne pouvaient pas. L’inégalité s’est maintenant déplacée vers le type d’éducation supérieure offerte. En dépit du succès apparent des institutions pédagogiques ainsi que des politiques fédérales et provinciales à faciliter l’accès à l’éducation supérieure pour tous, il demeure néanmoins une démarcation nette entre ceux qui s’inscrivent à l’université et ceux qui s’inscrivent au collège.

Afin de résoudre cette disparité et promouvoir l’équité, M. Kamanzi suggère que nous devrions fournir plus de ressources aux étudiants provenant de milieux désavantagés.